Description du projet

Création 2000

Création sur le thème du ballet d’après le conte de Perrault à partir de la musique de Tchaikovski pour les danseurs russes de BalletPlus – compagnie du théâtre municipal de ballet d’Ekaterinburg (Oural) à l’occasion de son Xème anniversaire et les danseurs du centre chorégraphique national de Caen/Basse-Normandie.

 

« De larmes écarlate(s)…

Qui a vu sourdre le sang à la surface de la peau de la princesse ?

Qui a vu la perle rouge à l’extrémité de son doigt ?

Qui a vu les larmes écarlates couvrir son corps de jeune fille pubère.

J’ai souhaité que cette création permette la résurgence de certains de nos rêves ensevelis par le trop bref sommeil de l’adolescence.

Où et comment peut-elle se réveiller, cette princesse plongée depuis un siècle dans le sommeil de l’oubli ?  » Karine SAPORTA

 

 

Extraits de presse :

 

“Belle, au Bois Dormant” se réveille après un siècle d’endormissement.

Le parallèle entre le sommeil d’un siècle de la princesse et le passage à l’an 2000, a donné à la chorégraphe Karine Saporta, le désir de revisiter le conte de Perrault ayant inspiré le célèbre ballet de Marius Petipa créé il y a 110 ans en Russie.

Du classique au Hip-hop, la chorégraphe propose une passionnante adaptation. Karine Saporta s’engouffre avec bonheur dans la voie du ballet contemporain”

 

M.C Vernay – Libération

“Une version épatante du ballet de Tchaikowski. la danse est écrite avec les costumes à la surface des étoffes. et c’est l’un des charmes de cette création: tout danse”

Voir l’article complet ici: https://next.liberation.fr/culture/

D. Frétard – Le Monde

« La belle au bois dormant dit qu’une longue période de repos, de contemplation, de concentration sur soi, peut conduire et conduit souvent à de grandes réalisations… »

 

Bruno Bettelheim, psychanalyse des contes de fées

 

« Il y a dans ce thème de la  » Belle, au bois dormant  » un questionnement sur l’endormissement et le passage du temps qui devient sans doute de plus en plus fascinant au fur et à mesure où la science progresse.

Et si la Belle au bois dormant était plus que tout autre conte un conte de science fiction … voire de médecine-fiction.

J’ai lu précisément avant de commencer à créer le spectacle un fait divers pour le moins surprenant. Une jeune fille, quelque part en Italie, avait dans les années 1980 subi un accident à la suite duquel elle était restée plusieurs semaines dans le coma. Elle sortit enfin de son état d’inconscience et se remit à vivre normalement.

Au bout de quelque temps, les médecins constatèrent des phénomènes étranges qu’ils tentèrent d’analyser. Le résultat de leur travail fut que vraisemblablement, l’horloge biologique de la jeune fille s’était arrêtée au moment de son accident. En effet, il s’avéra que celle-ci n’était plus victime du passage du temps comme les autres mortels. Ainsi donc, en l’an 2000, quelques 20 années après ce traumatisme, à l’âge de 40 ans, elle avait toujours l’apparence d’une jeune fille.

D’autre part, l’on sait qu’il existe déjà des êtres humains qui croient important que l’on préserve leur corps dans le froid jusqu’à ce que l’on ait progressé dans la guérison de leur maladie ou dans la science de l’immortalité.

Pour en revenir à notre Belle au bois dormant, rien ne dit que son sommeil d’un siècle ne soit seulement le fruit de l’imaginaire des poètes qui l’ont décrite.

Souvenez-vous de l’histoire d’Icare. Si, l’humanité s’est donné les moyens de voler, l’on ne peut exclure l’idée qu’elle ne se donnera pas les moyens de maîtriser la science du sommeil et du réveil. Les êtres humains pourront à volonté, un jour peut-être, décider de dormir sur de très longues périodes, de s’évanouir au monde pour ressusciter après un ou plusieurs siècle d’absence.

Puisque la Belle au bois dormant se réveille en mars 2001 sur le plateau du Théâtre National de Chaîllot , c’est sans doute qu’elle s’est endormie en 1901. Et, si elle avait quinze ans le jour où, après s’être piquée le doigt, elle sombra avec tous ceux présents ce jour-là dans le château dans le sommeil que l’on sait, cela signifie qu’elle est née en 1886.

Quelle traversée du temps aura-t-elle fait pendant que se déroulait cet extraordinaire et impitoyable vingtième siècle ?

Quels auront été ses rêves ?

Ce qui est sûr, c’est que du monde de ses quinze premières années, où les rois, les empereurs et … les tsars étaient encore au pouvoir en Europe, elle ne retrouva pas grand chose lors qu’adolescente de quinze ans elle se trouvera propulsée dans l’univers du troisième millénaire.

Où sont donc partis les princes charmants d’antan ? Aux danses de cour se sont substituées d’autres formes de danse entre spasme et corps triomphant. Vont-ils partir dans l’espace sur une autre planète pour leur voyage de noces (…..) pour la fête du mariage : Aurore et Désiré.

Les américains auraient déjà leur agence de voyage pour séjours spatiaux !

Conte devenu ballet,  » La Belle au bois dormant  » ne peut se danser à l’acte III (celui du réveil), comme elle se danse dans le prologue au début de l’acte I, avant le sommeil. Et cette période de latence, cette période de léthargie évoquant dans l’acte II du ballet la vision de Désiré par Aurore … Elle est pour moi irréelle et romantique. Elle ne peut donc être le moment paroxystique de la virtuosité dansante. L’acte II pour moi est celui de la douceur et de l’intemporalité.

Voyage dans le temps d’un siècle, la Belle au bois dormant est aussi l’occasion de faire un voyage à travers les styles produit par un siècle d’histoire de la danse.

J’aime de plus en plus interroger l’histoire de mon art pour comprendre peut-être qui manque aujourd’hui à nos sensibilités sous-exposées ou surprotégées … »

Karine SAPORTA

 

 

Karine Saporta et la Russie

 

Karine Saporta entretient depuis de nombreuses années une relation très étroite avec la Russie où elle est invitée régulièrement à présenter son travail en tournée, à mener des ateliers et à travailler avec des danseurs.

En 1996 elle crée Bolchoï Destroy pour les enfants de l’école de danse contemporaine de Nicolas Ogrizkov à Moscou présenté au festival Montpellier danse.

En 1998, à l’invitation de Oleg Petrov, directeur artistique de « Ballet Plus » elle remonte avec les danseurs, pour le répertoire de la compagnie « (à ma mère) la fiancée aux yeux de bois » qui a ensuite été présentée au festival Montpellier danse et est depuis jouée chaque mois au théâtre d’Ekaterinburg.

La rencontre avec la compagnie autour de ce travail, fut importante, marquante, aussi, à l’occasion du Xème anniversaire de la compagnie,

Oleg Petrov qui est également historien a demandé à Karine Saporta sa collaboration sur le livret de « la Belle au Bois dormant » en vue de la création d’une version contemporaine du ballet pour la compagnie.

La compagnie Ballet Plus
(texte rédigé par la compagnie)

La compagnie Ballet plus a été fondée à Ekaterinburg en 1990 à l’époque où avec es changements démocratiques dans le pays, l’apparition de nouveaux projets artistiques opposés au conservatisme des théâtres académiques est devenue possible.

Les fondateurs de « ballet Plus », Gendrus Matskiavitchus et Oleg Petrov, se sont fixés pour tache l’émancipation de la danse des préjugés des temps de stagnation et la création d’une compagnie mobile, polyvalente et s’ouvrant à la coopération avec les chorégraphes du monde entier.

Des chorégraphes russes et étrangers dont les idées et les ambitions créatrices sont toutes différentes les unes des autres, ont été invités à travailler dans la compagnie.Cela n’exclue aucunement des exigences strictes et obligatoires qui sont le haut professionnalisme, estime des traditions, orientations aux valeurs de la culture européenne. Tous les danseurs de la compagnie sont issus de l’école classique de la danse. Des chorégraphies de M.Petipa, L.Ivanov, A Gorski, W.Nijinski demeurant dans le répertoire de la compagnie comme des choses précieuses et rares.

Le répertoire du théâtre comprend les chorégraphies de G.Matskiavitchus, J.Bevington (USA), G.Alexidze (Georgie). A.Cigalova (Russie), L.Veggetti (Italie), Armando Georgi (Portugal).

Les activités du centre Culturel Français de Moscou et du conservatoire itinérant de la danse (Afaa) en Russie présentant au public hors de Moscou la danse contemporaine Française (Cie P. Frenak en 1996 et Cie K.Saporta en 1997 (Le Bal du Siècle) ont été accueillies à Ekaterinburg par le « ballet plus ») ont donné l’impulsion aux nouveaux contacts.

La compagnie s’est ouverte à la danse contemporaine avec la création de Pal Frenak « Ne le dis pas » en octobre 97.

Directeur artistique de la compagnie, Oleg Petrov est historien et critique de danse, auteur de livres sur le ballet, professeur de l’institut de théâtre d’Ekaterinburg.

La compagnie a tourné en Russie, en France (1994), au Portugal (1996), en Espagne (1997), aux Etats Unis (1999).

Le « Ballet Plus » est subventionné par la ville d’Ekaterinburg.

 

=========

 

Reprise 2018

 

Belle … au bois dormant de larmes écarlate(s)… Conception, chorégraphie et mise en scène : Karine Saporta

 

Représentations au Dansoir Karine Saporta, à Ouistreham, tous publics.

Les plus petits comme plus grands découvriront ou reverront avec bonheur ce spectacle dont les costumes éblouissants du costumier Patrick Terroitin participent de la magie ambiante : tutus – feuilles, tutus – choux, hennins, robe rouge écarlate, soies brochées, nervurées … Et pour ce qui est de la danse : toujours empreinte d’une énergie juvénile, la chorégraphie  de Karine Saporta est radieuse

« J’ai voulu cette création en forme de volcan multicolore permettant la résurgence de certains rêves ensevelis par le trop de sommeil de l’adolescence. Ce sommeil est la fabrique de l’oubli. Dés l’instant du réveil, le monde a basculé. C’est le temps des baisers… »

Karine Saporta

Cette version contemporaine du ballet de Marius Petipa résulte d’une commande du Ballet Théâtre d’Ekaterinbourg. Le directeur de la célèbre troupe russe, historien et critique d’art, grand admirateur de Karine Saporta salue ainsi l’œuvre accomplie : « L’essentiel dans le travail de Karine Saporta est le mouvement créé par sa pensée. Il est pour moi la perfection même parce qu’il continue la grande tradition classique sans pour autant fuir le monde actuel ».

Entre propos classique et modernité hip hop, le spectacle évolue de façon subtile d’une esthétique à l’autre. « La belle au bois dormant » de Karine Saporta ravit autant qu’elle « décoiffe ». Nous permettant à l’instar de la jeune héroïne de passer à travers le miroir.

La danse se métamorphose habilement d’un acte à l’autre. Évoluant comme par enchantement, une fois les codes virtuoses du mouvement académique exposés vers la gestuelle des danses urbaines.

Conçu à la fois en Russie (Ballet théâtre d’Ekaterinbourg) et en France (Théâtre de Caen), le spectacle a été présenté dans le monde entier sur les scènes les plus prestigieuses.

Il a été programmé en France sur les plus grands plateaux dont ceux de la Maison de la Danse de Lyon et du Théâtre National de Chaillot. En Russie, après une tournée triomphale, il trouve la consécration suprême au théâtre Stanislavsky de Moscou et au théâtre Marinsky de Saint-Pétersbourg ,là-même où le ballet avait été créé en 1890.

 

 

 

Les vendredi 03 août, samedi 04, dimanche 05, vendredi 10, samedi 11, vendredi 17, samedi 18, dimanche 19, vendredi 24, samedi 25, dimanche 26 et vendredi 31 août 2018 à 20h30, ainsi que le 01 septembre 2018.

=======

 

Karine Saporta : « La particularité de cette création à partir de « La belle au bois dormant » que j’appelle « Belle, au bois dormant » est d’être une création contemporaine se fondant sur des éléments de la chorégraphie de Marius PETIPA.

Je suivrai de plus près le conte, en particulier dans les versions qu’en ont données PERRAULT et BASILE, que l’argument du ballet.  Et puis j’introduirai aussi des préoccupations personnelles … concernant l’endormissement.

L’acte II généralement consacré à la vision d’Aurore par le prince sera l’occasion d’un travail sur le sommeil. Quant aux thèmes du « siècle » (un siècle de sommeil) et du Temps, qui me semblent très importants dans l’histoire … ils prendront je pense, un sens très fort dans mon spectacle. D’autant que je dois créer l’oeuvre au moment de la bascule dans le vingt-et-unième siècle.

Karine Saporta ajoute : « C’est le prince charmant qui nous guide . L’époque a changé, on croit encore au prince charmant. Ça a été un régal de l’introduire dans le spectacle à travers le rêve, les fantasmes. Je m’invente des mondes, une projection dans le futur, et ça fait beaucoup de bien. Je fais de la danse fiction qui rapproche mon travail de la BD. »

Nous allons plonger en avant avec Alain Bachung et la Belle au Bois dormant

« La réveillez pas
Laissez-la
La réveillez pas
Pas avant 2043
D’ici là, jailliront des cascades
D’ici là, vogueront les obscurs
D’ici là, glisseront les combats
D’ici là, j’aurai découvert
Lequel de mes plusieurs
Sera à même de la sauver … »

 

Comme l’écrit Dominique Frétard dans « Le Monde » :

« Belle au bois dormant. De larmes écarlate (s) » dessine un probable parallèle entre les cent ans de l’ensommeillement d’une Belle et notre passage au XXIè siècle. Un siècle et dix ans après la création à Saint-Petersbourg sur la musique de Tchaïkovski, la chorégraphe marie notamment les frasques baroques à la majesté du ballet classique, les spectres de Loïe Fuller aux agitateurs du hip hop. Oleg Petrov, en assistant aux répétitions de cette « Belle », y vit quant à lui un « hymne à la beauté ».

Qui a vu sourdre le sang à la surface de la peau de la princesse ?

Qui a vu la perle rouge à l’extrémité de son doigt ?

Qui a vu les larmes écarlates couvrir son corps de jeune fille pubère.

« Tutus-feuilles ou tutus-choux, hennins, robes de fées, robe d’héroïne rouge comme le sang qui perlera à son doigt (…) la danse est écrite avec les costumes à la surface des étoffes.»