Église du Vieux Saint-Sauveur
&
KAGE 

EXPOSITION
COLLECTION PRIVÉE D.M. 

ROBERT COMBAS

&
« Les magestueuses »
Les années 1990-1995
dans la danse et l’art contemporains

Conférence/Rencontre/ Projection
animée par Karine Saporta

Après l’évènement Hervé Di Rosa au Dansoir lorsque celui-ci était encore situé sur l’esplanade François Mitterand de la Bibliothèque nationale de France à Paris, Karine Saporta poursuit ses questionnements sur le mouvement de « La figuration libre », mouvement contemporain de l’explosion de la jeune danse française des années 1980. Elle s’interroge en particulier sur les incessants aller-retours dans la création artistique contemporaine entre des postures empruntant à l’art conceptuel et des postures s’y opposant.C’est dans la suite logique de sa réflexion qu’elle entreprend aujourd’hui la démarche d’organiser une exposition des œuvres de Robert Combas appartenant à la collection privée D.M.

Cet évènement exceptionnel Belle Rive hors-les-murs à l’Église du Vieux Saint-Sauveur à Caen sera ouvert au public du mercredi 20 janvier au lundi 2 février inclus de 14h30 à 19h30 (fermeture le mardi). Une série de rencontres-conférences animées par Karine Saporta viendra jalonner l’évènement.Une toile de Robert Combas sera également exposée dans la galerie KAGE au 16, rue de Croisiers à Caen.

 

Robert COMBAS

Robert Combas est l’une des figures marquantes du mouvement très médiatisé dans les années 1980 de la « Figuration libre » avec Hervé Di Rosa, Richard Di Rosa, Rémi Blanchard, François Boisrond, Louis Jammes, Catherine Viollet, Pascal Le Gras, Olivier Costa.

Robert Combas et Hervé Di Rosa fréquentent les ateliers de dessins de l’école municipale des Beaux-Arts de Sète, dont ils sont tous deux originaires. Ils ne se connaissent pas encore. Des plasticiens, tels que Pierre François, pratiquent alors à Sète même une figuration débridée sur des supports aussi divers que des costumes, des pavois de joute, des toiles classiques ou des cartes postales. En 1976, Combas, les frères Di Rosa et Catherine Brindel (dite Ketty) se lient d’amitié autour du mouvement punk. Ketty Brindel, Robert Combas et Richard (« Buddy ») Di Rosa fondent « Les Démodés », un groupe rock. En 1978, Hervé Di Rosa est admis à l’École nationale supérieure des arts décoratifs où il fait la connaissance de François Boisrond. L’année suivante, Hervé Di Rosa, Robert Combas et Ketty Brindel créent Bato, journal tiré à cent exemplaires qui dure quatre numéros. Il est constitué de collages, d’objets sous plastique, de photocopies. En 1980, Hervé publie dans Charlie Mensuel, Libération et Marie-Claire.
Créateur des principales manifestations artistiques réunissant les artistes fondateurs de la figuration libre, Hervé Perdriolle est considéré comme le promoteur de ce mouvement ainsi que Bernard Lamarche-Vadel qui réunit les auteurs de la « Figuration libre » dans une célèbre exposition : « Finir en beauté ».

Entre 1982 et 1985, ces artistes exposent à plusieurs reprises avec leurs homologues américains : Keith Haring, Jean-Michel Basquiat, Kenny Scharf, Tseng Kwong Chi, Samantha McEwen et, entre autres, Crash (expositions à New York, Londres, Pittsburgh, Paris…). En 1985, le mouvement est représenté à la Biennale de Paris.

Les artistes de la « Figuration libre » ont, à travers leurs œuvres, pris la « liberté » de faire « figurer » toutes formes d’art sans frontière de genre culturel et d’origine géographique, sans hiérarchie de valeurs entre haute et sous-culture. Leurs œuvres convient tour à tour, les beaux-arts et les arts appliqués, l’art brut et l’art cultivé, l’art occidental et non occidental.
Cette nouvelle génération de peintres est animée par un enthousiasme et une désinvolture qui contrastent avec la sévérité des années 1970 (art minimal et conceptuel, Arte povera, Supports/Surfacese tc.). Cependant, à la différence de la Transavangardia italienne et des néo-expressionnistes allemands, ces peintres ne se réfugient dans aucune nostalgie. Ils s’inscrivent sans honte ni culpabilité dans l’actualité de leur temps, avec un style coloré, graphique et simplifié inspiré de la bande dessinée, de la science-fiction, des dessins d’enfants et de la culture des banlieues. Les artistes de la figuration libre restent cependant moins influencés par les graffitis que les Américains. Leur peinture fait davantage référence aux « arts populaires » : monstres et robots pour Di Rosa ; art brut et imagerie arabe et africaine pour Combas ; contes et légendes, cirque pour Blanchard ; publicité et objets industriels pour Boisrond.

Aujourd’hui, des artistes contemporains continuent d’être influencés et imprégnés par la « Figuration libre », notamment dans le Sud de la France.