Jeudi 4 juin 18h30

VERNISSAGE / COCKTAIL
&
Signature du livre paru aux éditions Hemeria :

 » LA FURIE ET LA FOI « 

JÉRÉMY CHARBAUT

Photographies

 

 

Présenter La Furie et la Foi de Jérémy Charbaut à Ouistreham Riva-Bella apparaît comme une évidence tant ce travail dialogue profondément avec l’histoire maritime, humaine et symbolique de la côte normande.
Dans cette confrontation sensible entre patrimoine, photographie et mémoire collective, La Furie et la Foi rappelle que les territoires maritimes ne sont pas seulement des paysages : ce sont des mondes humains, traversés par la rudesse, la solidarité, la croyance et la résistance.

Depuis des siècles, Ouistreham Riva-Bella est un territoire de passage, de labeur et de résistance. Port de pêche, porte maritime de Caen, point stratégique tourné vers la Manche, la ville s’est construite dans un rapport permanent à la mer, une mer nourricière autant que menaçante. Cette tension irrigue toute l’histoire du lieu : des pêcheurs et marins qui ont façonné son identité aux épisodes militaires du Débarquement, jusqu’aux mutations contemporaines du littoral normand. Ici, les hommes vivent depuis toujours dans une proximité physique et spirituelle avec les éléments.

C’est précisément cette relation organique entre les êtres, le territoire et la mer que Jérémy Charbaut explore dans La Furie et la Foi. Pendant plusieurs années, le photographe a arpenté le quartier Saint-François du Havre, autre enclave portuaire normande dont il révèle la dramaturgie sociale et humaine. Son travail documente moins un territoire qu’un état du monde : celui des communautés maritimes, des travailleurs du port, des corps marqués par le vent, le sel, la fatigue et la solidarité.

Cette œuvre entre ainsi en résonance directe avec l’histoire de Ouistreham Riva-Bella. Comme Saint-François au Havre, Ouistreham Riva-Bella possède cette identité d’ « îlot » tourné vers la mer, où persistent des formes de sociabilité populaire, des rites, des mémoires et un attachement viscéral au territoire. Le port, les quais, les cafés de marins, les infrastructures militaires ou encore les maisons de pêcheurs composent ici un patrimoine vivant qui dépasse largement la seule architecture : un patrimoine de gestes, de récits et de transmissions.

L’exposition trouve également une résonance particulière dans un lieu marqué par les grandes circulations de l’Histoire. À Ouistreham Riva-Bella, les traces du Mur de l’Atlantique, du Débarquement et des commandos Kieffer rappellent combien cette côte fut un théâtre de violence, de courage et d’espérance.

Dans les photographies de Jérémy Charbaut, cette mémoire semble affleurer en permanence : les silhouettes surgissent du clair-obscur comme des figures intemporelles, entre apparition et disparition, dans une atmosphère qui convoque autant la peinture caravagesque que l’imaginaire des ports du Nord.

Le travail de Charbaut s’inscrit aussi dans une longue tradition iconographique normande liée au monde maritime. Des peintres de Honfleur et du Havre aux photographes humanistes du 20e siècle, la Normandie a souvent été représentée comme un territoire frontalier, exposé aux éléments et aux bouleversements du monde moderne. Mais là où l’imagerie maritime tend parfois au folklore ou à la nostalgie, La Furie et la Foi choisit une voie plus contemporaine et plus incarnée : celle d’une immersion lente, construite dans le temps long et dans la confiance avec les habitants.

Exposer ce travail à Ouistreham Riva-Bella revient ainsi à faire dialoguer deux territoires frères de la façade normande. Deux ports. Deux mémoires. Deux manières d’habiter la mer.

 

 

 

À PROPOS DU LIVRE
La Furie et la Foi est le premier livre du photographe Jérémy Charbaut. Une histoire d’ombres et de lumières qui prend corps au sein d’un territoire où tout s’entremêle dans l’âpreté et la communion des âmes et des corps transfigurés. Ce territoire, c’est le quartier Saint-François, un îlot historique au cœur de la cité portuaire du Havre, transfiguré par la vision d’un photographe.

Au Havre, le quartier Saint-François est comme une île dans la ville. Au sud du bassin du commerce, entre le centre reconstruit et le port, il n’est accessible que par les ponts qui le relient aux autres quartiers. Plus vieux quartier du Havre avec le quartier Notre-Dame, il a résisté au remaniement architectural opéré par Auguste Perret après-guerre. Sa reconstruction, entre inspiration bretonne (toitures d’ardoises) et respect du tracé historique de Bellarmato, a notamment produit un bâtiment qui fait aujourd’hui son attrait : la Halle aux poissons. Pendant trois ans, le photographe Jérémy Charbaut s’est installé Chez Lili, derrière le bar. Ce lieu est un symbole du quartier Saint-François, un lieu fédérateur.

Comment raconter la fierté d’appartenance, l’attachement à un territoire ? Comment montrer la singularité des êtres qui l’habitent et le défendent ? Comment donner à voir la puissance d’un univers presque insulaire, sa dramaturgie, en même temps que sa continuité historique ?

La Furie et la Foi est une exploration visuelle, éminemment picturale et personnelle, de ce quartier. Par le recours à une photographie qui emprunte ses tonalités brunes et ses clairs-obscurs à la peinture classique, ce regard nous plonge dans une sorte de cité imaginaire. Il faut parfois faire un pas de côté pour révéler l’identité d’un territoire et en montrer toute la complexité.

Préface Julia Malye
En librairie le 11 septembre 2026

PRÉSENTATION DÉTAILLÉE DU LANCEMENT DU LIVRE

Télécharger le dossier complet concernant le lancement du livre « La Furie et la Foi », au format pdf (Portable Document Format)
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JÉRÉMY CHARBAUT

Jérémy Charbaut est auteur-photographe indépendant depuis 2011. Né à Paris en 1978, il a passé une partie de son enfance en Normandie, notamment à Étretat, où il a façonné son regard sous la lumière de la côte d’Albâtre.

Il commence en autodidacte avant de se former au tirage noir et blanc au centre Verdier à Paris aux côtés des photographes plasticiens Carlo Werner et Bruno Verdier. Un premier travail photographique en Ukraine en 2006 sur les orphelins de Peschana et sur une école de musique à Balta (villages proches d’Odessa) lui permet de construire son écriture photographique. Il part ensuite à Dakar en 2007 pour réaliser un travail sur les talibés, apprentis confiés dès leur plus jeune âge à un marabout censé leur inculquer le Coran. Viennent ensuite en 2009 des travaux photographiques en Égypte avec les séries « Les pharaons modernes » et « Caire obscur ». De 2010 à 2015, les allers et retours entre Paris et Tanger se font nombreux afin de poser un regard photographique sur cette ville en pleine mutation, ville-carrefour du Maroc adoubée par le roi. En découlent plusieurs séries (« Les songeurs », « Intimacy », « Ode à la jeunesse ») et plusieurs expositions en galeries et dans des espaces publics.

Sa rencontre avec Wilfrid Estève l’incite à rejoindre le studio Hans Lucas en 2016. L’année suivante, il quitte la banlieue parisienne pour Le Havre afin de se reconnecter à ses racines normandes et se rapprocher de la photographie qu’il questionne. Les rencontres, les explorations et les remises en question lui permettent d’affirmer sa vision d’auteur, oscillant entre photographie documentaire et fiction artistique. Sa photographie se porte sur l’homme et son environnement, sur sa capacité à s’adapter à son entourage ou à se créer des espaces et des mondes de libertés.

En parallèle de son activité d’auteur-photographe, il réalise des commandes pour des clients des secteurs culturel, sportif ou social, tels la Fondation BNP Paribas, la Fédération française d’athlétisme ou la Fédération des aveugles de France. Depuis septembre 2025, il a commencé une résidence au sein de l’ENSM (École nationale supérieure maritime), où il exposera une série d’images dans le cadre des événements prévus lors de la transat Jacques Vabre.